Vendredi 10 décembre 2004
Bon, se lancer n'est pas facile.
A la base, le problème est consternant de banalité, et consternant tout court. J'ai eu l'impression d'arriver au 21ème siècle et puis finalement, je me retrouve au 20ème, voir 19ème. J'ai eu l'impression que dans mon époque, les filles et les garçons étaient beaucoup plus proches et égaux. Il faut dire que j'ai été assez con sur ce coup-là. A des kilomètres de la réalité !
J'ai un travail de cadre, à temps complet et deux petites filles. Je travaille autant que mon mari, mais je gagne moins. Bon, admettons, j'ai fait un peu moins d'études. L'erreur, ça a peut être été de se marier. Mon mari est entré dans le mariage comme un pied dans une charentaise, détendu. Et il est resté très détendu, très très détendu. Ce qui a changé pour lui par rapport aux générations précédentes, c'est qu'il s'occupe de ses enfants, ils jouent avec elles, et s'occupe de leur toilette. Bon, bien sûr, il ne sait pas déméler les longs cheveux blonds sans tirer comme un âne (comme dirait ma fille) il les habille n'importe comment, mais passons, il le fait.
Pour le ménage, il a résolu définitivement le problème. Ca paraît intéressant à première vue, mais en fait non.... Il a embauché une femme de ménage, pour 6 heures par semaine, donc, il n'y a plus RIEN à faire dans la maison et il ne fait plus rien. Logique non ?
J'ai essayé plusieurs tactiques:
1. Ne rien faire, laisser s'accumuler le bordel, le linge sale: je ne tiens pas une semaine, j'ai envie de déménager, partir à l'autre bout du monde, je ne supporte pas de vivre dans une maison que l'on croirait en cambriolage perpétuel
2. Tout faire, pour être bien chez moi: ça a l'air de lui plaire, ça me calme, je ne crise pas pendant que je range ou que je repasse le linge et en plus, la maison se range toute seule. Mais franchement, 36h de boulot au bureau et entre 15 et 20 à la maison pendant que monsieur a les fesses devant la tv ou l'ordi, ça me chiffonne.
3. Lui dire que j'en ai marre et qu'il faut qu'il en fasse la moitié: il range quelques trucs durant les 3 jours qui suivent et il oublie. Donc, je me tape le dialogue chiant et en plus, qui ne sert à rien.
Mon mari veut bien m'aider. Mais moi, je n'ai pas besoin d'aide ! On est deux, on fait à deux ! son aide à deux balles, je n'en veux pas, son saupoudrage de coups de main, ça ne me sert à rien.
La litanie habituelle "moi, je veux bien t'aider, mais faut me dire, je ne sais pas ce qu'il faut faire !" Eh ben ça alors, la vaisselle qui pue sur l'évier, les poubelles qui s'entassent devant la porte, les jouets qui trainent partout, il n'y a que moi qui les vois ? Il n'y a que moi qui peut avoir l'idée qu'il faut le faire ? Je ne veux pas demander, réclamer tout le temps, je ne veux pas d'aide. J'ai cru épouser un adulte responsable, mais apparemment, il n'a pas les neurones nécessaires à l'entretien d'une maison. C'est bête cette histoire. Il ne se foutrait pas de moi par hasard ?
Bref, au bout d'un moment, je me suis rendue compte que je me faisais avoir sur toute la ligne, que je déteste ma maison-chantier, que je ne suis pas heureuse. Moi qui ne croyait pas au féminisme, je commence à en comprendre les fondements. J'ai parfois envie de lui mettre le nez dedans comme un chien qui fait des conneries.
Ah oui, j'ai oublié de préciser que les hommes vont trouver ce texte beaucoup plus chiant que les femmes...