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Métamorphose

Jeudi 15 septembre 2005 4 15 /09 /2005 00:00
Il y a un avant et un après. Avant les enfants et après.
J'ai toujours eu un caractère modéré, souriant, cool. Je ne m'énervais pas, je ne criais pas, ou seulement intérieurement. C'est très reposant et très pratique, pour moi et pour les autres.

Quand les enfants sont arrivées, tout a changé, petit à petit, mais en profondeur.
Avant même leur arrivée, je m'énervais si j'étais dans une voiture dont le conducteur roulait un peu vite, trop près du précédent : il mettait la vie de mon bébé en danger !
Je n'évoquerai même pas l'accouchement, une belle séance de hurlements publics, c'était quand même une première pour moi. Ce n'était que le début....

On dirait que l'enfant naît avec une arme terrible, la capacité d'énerver ses parents à l'infini (et au delà).
Quand il est tout petit, on se dit qu'il n'est pas bien responsable, à part certains parents irresponsables qui les torturent quand ils pleurent trop. Mais ensuite, ils deviennent de plus en plus malins, et nous n'avons plus de doutes : ils le font exprès !

Combien de fois me suis-je vu hurler tellement elles m'éxaspéraient en me disant ensuite : "Ce n'est pas possible, ce n'est pas moi, comment puis-je arriver à me mettre dans un tel état ?". Ce n'est pas moi, et pourtant si, je suis devenue comme ça.

J'ouvre aujourd'hui cette rubrique Métamorphose pour mettre noir sur blanc mes colères face à leurs comportements, et relativiser tout ça. Le mieux serait que je m'isole immédiatement sur mon ordi ou un papier, pour éviter de monter en pression par rapport à elles : Je suis sûre que je vais paraître encore plus ridicule, car avec le recul, c'est en général décalé... Bon, à suivre.
Par Thé - Publié dans : Métamorphose
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Jeudi 15 septembre 2005 4 15 /09 /2005 00:00
Je me suis énervée deux fois contre les enfants jusqu'à crier aujourd'hui.

1. En rentrant de l'école : ils courent les trois en descendant une grande côte, et en bas, il y a une route très passante. Je les appelle pour leur dire de s'arrêter, et bien sûr, ils ne s'arrêtent pas. Plus ils s'éloignent, plus ils se rapprochent de la route, plus je crie. Là, c'est de la peur : je me doute des dégats engendrés par un choc voiture/enfant.
J'aurais pu courir, mais j'étais épuisée et je portais toutes leurs vestes, leurs papiers de la cantine, de la PMI.
J'aurais pu les faire marcher à côté de moi en se tenant par la main en les rappelant à l'ordre toutes les 10 secondes.
J'aurais pu passer par une autre route, mais toutes les petites rues croisent cette route que nous devons traverser pour rentrer.
J'ai crié, je leur ai expliqué et montré le danger, mais ils savaient...

2. Après le repas, alors que je rangeais la vaisselle et la cuisine, elles sont parties dans la salle de bain pour laver un tambour (elles n'étaient plus que deux, le p'tit copain était parti). Elles ne faisaient pas de bruit, ça a duré longtemps, 10 minutes, et quand la cuisine a été nickel, je suis allée voir. Elles avaient vidé 250g de savon liquide dans l'évier, qui était rempli d'eau moussante. J'ai crié tellement j'étais fachée, comme j'avais crié quand le savon de la baignoire avait passé une demi-heure au fond de l'eau en ressortant tout petit. Là, c'est la contrariété devant le gachis, devant l'irrespect de la valeur des choses.
J'aurais pu me méfier de cette histoire de laver un tambour et du silence inquiètant, puis aller voir avant, mais je rangeais la cuisine
J'aurais pu remettre à plus tard le rangement de la cuisine, mais je n'aime pas avoir encore ça à faire à 21h le soir.
J'ai crié et je les ai envoyé directement au lit, sans histoire, sans calin.
Par Thé - Publié dans : Métamorphose
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Jeudi 20 octobre 2005 4 20 /10 /2005 00:00
Les enfants ont mis des jouets partout, refusent de les ranger, des feuilles, des feutres étalés aux quatre coins de la maison, les lits couverts de choses et d'autres, habits, dinettes, petits bonhommes mobiles.
Enervées, chouinantes, quand je les ai envoyées se mettre en pijama pendant que je débarrassais la table. Mais pendant  que je remplissais le lave-vaisselle, elles continuaient à jouer tranquillement, sortir des jouets, alors, je me suis énervée, j'ai crié, lancé des jouets dans tous les coins, déshabillée la grande en lui arrachant à moitié ses couettes. J'ai éteint la lumière et je suis partie, sans leur faire de bisous. Elles ont pleuré pour que je revienne, m'ont cherchée, et puis, nous nous sommes retrouvées toutes les trois à pleurer dans le noir. Que se passe t-il, pourquoi faut-il que l'on se retrouve dans des états comme ça, pourquoi ai-je l'impression d'être la seule, d'être une incapable, d'être trop nulle, de ne penser qu'à moi.
Alors, je leur ai lu deux histoires, pour revenir au calme, et le calme est revenu.
Seulement, comment les enfants vivent-ils et enregistrent-ils ce type de crise ? C'est trop horrible...

Pourquoi suis-je comme ça ? A cause du cadavre dans le placard de la cuisine ? A cause du départ en vacances demain à 16h30 alors que rien (absolument rien) n'est prêt ? A cause de cette douleur lancinante qui ne me quitte pas et me rend dingue ? A cause de tout ça en même temps, et de cette impression d'être dépassée en permanence.
Par Thé - Publié dans : Métamorphose
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Vendredi 4 novembre 2005 5 04 /11 /2005 00:00
La moitié de la semaine, je suis la mère de famille débordée et dévouée de deux enfants. L'autre moitié, je suis une amoureuse éperdue. Mais en fait, je gère très mal les transitions.

Les passages de l'un à l'autre sont douloureux, déstabilisants, difficiles à négocier.
Avec les enfants, toutes la partie "Autorité" m'épuise. Les enfants cherchent les limites des parents, toute la journée, c'est comme un examen permanent. Je le supporte très mal. Avant, ça me paraissait
simple d'avoir des enfants, mais vécu au quotidien, face aux enfants qui se battent, refusent de ranger, de s'habiller, et trainent alors qu'on est déjà en retard pour l'école, c'est la crise régulière. Je
parlemente, je parlemente et tout à coup j'explose. Et je ne supporte pas ça. C'est une situation d'échec et je ne suis plus moi quand je suis hors de moi. Et celle-là qui crie, je la déteste.

Quand je passe de l'amoureuse à la mère de famille, je rêve de faire mille choses avec elles, lire des
livres, faire la cuisine, le jardin, du bricolage, du collage, des jeux de sociétés, discuter, et encore
plein d'autres choses. Finalement, je rentre avec elles, et là, il faut laver du linge, le plier, le ranger, faire le goûter, anticiper le repas, gérer les bêtises des chats qui m'insupportent, ouvrir le courrier, payer les factures, prendre des rendez-vous chez le médecin, aller chez le vétérinaire, commander du fioul, arroser le jardin, laver la vaisselle qui traine, allumer le feu, donner le bain.
Pendant que je tente de gérer tout ça en même temps, et que rien n'avance (un peu comme au boulot
d'ailleurs) les enfants commencent les bêtises, entament la dispersion systématique des jouets dans chacun des 137m2, se battent pour utiliser les mêmes au même moment, se balancent des baffes, passent de 90 à 140 db, courent dans tous les coins pour finir en hurlant et en pleur.
A ce moment, je commence largement à douter de moi, de mes capacités à gérer les enfants de "manière civilisée", socialement correcte, à envisager le type d'extermination à choisir pour me débarrasser des deux chats qui miaulent sans s'arrêter. Quelle idée d'avoir pris deux chats en plus de deux enfants ???

La première réponse qui me vient à l'esprit : "Pour faire plaisir aux enfants". Est-ce une raison valable?
En 45 minutes en général, quelque soit le moral de départ, à ce moment-là j'ai une seule envie : dormir et que tout ça s'arrête. C'est un très mauvais signe cette envie là.

Quand je passe de la mère pressée à l'amoureuse, c'est encore pire. Après m'être énervée pendant 3 à 4 jours contre les enfants (je culpabilise tellement des mauvais moments que j'en oublie les bons), je les quitte pour 3 à 4 jours. Je ne les vois plus, elles grandissent sans moi, sans que je puisse sentir leurs baisers, sans que je puisse poser les miens sur leurs joues douces, sans calin, sans "maman, je t'aime".
Et même si ça me soulage de retrouver la sérénité, d'arrêter d'être une mère exigeante et hurlante,
énervée, de redevenir un être social interagissant normalement dans son groupe social, elles me manquent et ça me rend malade d'être loin d'elles.
Si les gens connaissaient leurs collègues, voisins, et relations en famille restreinte, ils seraient certainement fort étonnés. Moi ça me choque d'avoir l'impression de changer de personnalité avec mes enfants, alors que les autres n'évoquent jamais rien de tel pour eux. Tout se passe comme si à l'intérieur des foyers, quand la porte se referme, la vie continue calmement et de manière sympathique comme dans les sitcoms américains.

Seulement, voilà, bien sûr, en tant que mère "sachant qu'il ne faut pas tenter d'être parfaite mais qui ne fait que ça quand même....", j'ai choisi des modes éducatifs qui pèsent un peu. Je me refuse à donner des fessés ou des gifles : je sais que ça règle pas mal de situations de crise pourtant. J'ai choisi aussi de ne pas laisser la tv à la maison, alors que je sais qu'on se décharge facilement 1 heure en postant les enfants devant. J'ai choisi de donner tous les jours une alimentation saine et équilibrée, alors, j'épluche des légumes bio aux formes aléatoires au lieu d'enfourner un hachis parmentier Surgelé Fincard. Des choix qui coûtent, mais sur lesquels je ne reviens pas.

Finalement, je vis mal les transitions de l'amoureuse à la mère pressée, et un peu aussi les autres jours où il me manque toujours une partie de moi pendant que l'autre devient à moitié dingue. Il me manque mes enfants ou bien il me manque mon amour. On me conseille de prendre du temps pour moi, mais moi, je m'en fous de moi, j'ai déjà bien du mal à me supporter !
Par Thé - Publié dans : Métamorphose
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Vendredi 4 novembre 2005 5 04 /11 /2005 00:00
L'éternel dilemne : passer une heure par jour à ranger les jouets ou tout simplement les supprimer ?
Quand tout est dérangé, les enfants ne jouent plus de toute façon, ils tombent en marchant sur des objets divers, la porte du placard ne s'ouvre même plus pour ranger les habits.
Les miennes ont tendance à sortir certaines choses, déballer et laisser comme ça, puis entamer un nouveau jeu. C'est même assez dramatique quand il s'agit d'un puzzle, d'un jeu de société ou d'une boîte de Lego. Quand tout  ça s'est mélangé dans la chambre, ça demande des heures de tri et les enfants, les miennes en tout cas, ne le font pas. 3,5 et 5 ans, trop petites encore ? Je n'ai pas l'impression....

Solution n°1 : prendre un grand sac (poubelle, c'est plus impressionnant) et mettre dedant tout ce qui traine : rangement rapide et efficace, mais il est relativement difficile de jeter directement ça dans le vide ordure, étant donné la taille du vide-ordure, le prix des jouets et mes convictions éco-citoyennes de développement du rable (de lapin - ahah).
Alors, le jour où j'ai le temps, où les enfants sont disposées, on ouvre le sac, on trie, on remet chaque pièce minuscule dans chaque bonne boîte. Vous pouvez imaginer la taille d'une pince à linge ou d'une cuillère Playmobil ???? Une pince à linge Playmo dans une chambre d'enfant, c'est comme une aiguille dans une botte de foin, comme moi dans l'immensité de l'univers, ça me donne le vertige, la nausée.

La nausée, je l'ai aussi quand je vois tous les jouets qu'elles ont, auxquels je n'ai jamais joué avec elles. Mais que fais-je ? Je passe ma vie à faire des trucs d'adulte, de rangement, d'entretien de la maison, du linge, de nos estomac, même pas très marrants quand il s'agit du quotidien essentiel et obligatoire. Je me rends compte de ça à chaque fois que je range et pourtant.... Je n'y arrive pas. Me poser avec elles, un jour où il n'y aurait rien d'urgent ou essentiel à faire. Heu, ça existe des jours comme ça ? Est-ce moi qui ne sait pas me débrouiller ? Est possible de le faire quand on est deux adultes également responsables d'élever des enfants en prenant du temps avec eux ? Pourtant, je fais des tas de choses pour elles (vous voyez, tout ce que peut faire la mère parfaite....) et avec elle (aller à la bibliothèque, lire des livres, venir faire des activités à l'école, faire de la peinture, du collage, du pain...). Mais c'est tellement peu par rapport à la masse de jouets qu'elles ont et utilisent à peine.

Si la solution 1 s'avère insuffisante, vous pouvez virer les jouets, à la poubelle si vous êtes hors de vous ou dans une association charitative après apaisement de la colère.

Solution 2 : il est possible de laisser les jouets s'entasser sans limite. Ne pas laisser cela s'échapper de la chambre, faites des tours de maison régulier en ramassant les intrus et en les relachant dans l'espace personnel de l'enfant. En réalité, je sais que vous ne tiendrez pas longtemps car il devient impossible de ranger le linge dans l'armoire, de venir faire un bisou au lit, de lire une histoire avec de se coucher, de voir saccager et piétiner vos cadeaux amoureusement choisis et hors de prix, car en provenant du commerce équitable (en chêne - ohoh).

Solution 3 : passer une heure chaque jour à ramasser le plus gros et à l'entasser dans n'importe quelle caisse pourvu que ça ne soit pas par terre, piège potentiel pour les tous les habitants de la maison. On fait ça sans l'enfant, ça va plus vite, même si on rage dans son coin.

Solution 4 : prendre le parti de ranger avec l'enfant, en prenant le temps d'expliquer, de trier, ce qui prend le double de temps, mais qui est quand même le summum de l'attitude pour une mère parfaite.

Quand je pense que noêl approche, ça me stresse....
Par Thé - Publié dans : Métamorphose
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