En général, je trouve ça con les gens qui mettent des paroles de chansons dans leur blog, mais là, j'ai eu envie, parce que finalement, je trouve que les chanteurs aujourd'hui sont comme les poètes d'hier. Rimbaud aurait écrit des chansons, c'est évident, Ronsard et Marceline Desbordes-Valmore aussi. Bref, cette chanson, je la connais depuis longtemps, et en l'écoutant ce soir, je me souviens à quelle point elle est belle, et j'ai envie de vous faire partager :
oh mon bel enfant
libre et prisonnier
prisonnier des contraintes que s'imposent les hommes
et libre de les transcender
n'aie jamais peur du vide
car c'est le vide qui t'a enfanté
accroche toi aux parois dures et lisses de la vie
accroche tes ongles aux moindres interstices
à la moindre infractuosité du roc
ouvre large tes oreilles à l'appel du vent, à la musique du silence
ouvre tes narines aux odeurs fortes et subtiles
des parfums de la terre, de la sueur, de la peau
de tout ce qui vit, qui exalte, qui respire
pour que lorsque t'arrivera le pire
tu puisses en tirer le meilleur
ouvre tes bras à la détresse humaine
car ta propre détresse peut en être le ferment
ouvre ton coeur à la beauté secrête
sourde aveugle et muette
parce que rare est celui qui la voit
parce que rare est celui qui l'entend
garde ton âme ouverte comme une source offerte
à la soif du mendiant, de l'errant, du poète, du chercheur, de l'enfant
et ton regard innocent et ton esprit honnête
garde les toutes ta vie
car la simplicité est la marque des grands
Cette chanson de Jacques Higelin se trouve sur le disque Tombé du ciel (1988) - 15 ans déjà !!!-, et ça vaut le coup, vraiment, de l'entendre. Frissons garantis.
Je le dédie à mes filles et au p'tit Kokelico.