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Prendre la vie comme elle vient, parfois trop vite et trop fort, en essayant d'en rire

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Ce n'est pas moi

Samedi dernier, je n'étais pas en forme, mais alors, pas du tout. Au fur et à mesure que la journée avançait, une espèce de tempête intérieure, les membres qui deviennent nerveux, qui auraient besoin de bouger, d'être actifs à 200%. Paradoxalement, un engourdissement qui m'empêchait de faire quoi que ce soit, impossible de me lever, de faire quelque chose de constructif. Je sentais qu'avec cette énergie, j'aurais pu nettoyer et ranger la maison de fond en comble, mais je n'en avais pas le courage.
Plus la journée avançait, plus cet état de nervosité intérieure et d'apathie extérieure augmentait, devenait inquiétant. Je parlais aux enfants d'un ton navrant, désespéré, absolument pas convainquant. Je n'avais plus d'énergie, et en même temps, j'en avais des tonnes non canalisables, qui tournait à 2000 tours/minute à l'intérieur. En parallèle, les idées noires, l'impression d'avoir gâché ma vie, de ne plus avoir de bons moments devant moi, d'être en sursis. Je ne veux pas mourir. J'avais faim, mais je ne pouvais rien manger, même les gâteaux ne passaient pas.
A 18h, j'avais compris que cela ne se calmerait pas, je ne tenais plus en place, ni assise, ni debout, même si j'avais réussi à dormir une heure dans l'après-midi, par période de 5 minutes avec un maximum de rêves cauchemardesques.
A 19h je téléphonais à une amie pour savoir si elle avait quelque chose qui puisse me calmer, des trucs aux plantes ou homéopathique, mais elle n'avait rien.
A 19h10, j'ai résolu de partir chercher une pharmacie de garde avant de devenir dingue. J'ai trouvé cette pharmacie à 19h45, dans une cité à l'architecture cubique. Le parking était plein de jeunes et de voitures musicales. J'ai attendu 10 minutes, le pharmacien servait une jeune fille à travers une petite fenêtre ouverte en façade. La vitre de la porte avait l'air d'avoir reçu de nombreux projectiles. Je ne tenais pas en place, j'aurais aimé m'assoir, il faisait très froid. Je commençais à pleurer. Quand mon tour fut venu, le pharmacien m'a ouvert la porte, m'a fait entrer et assoir, et l'on a discuté quelques minutes. Il m'a expliqué qu'il ne pouvais pas me donner grand-chose sans ordonnance, il s'inquiétait pour moi. Apparamment, j'avais tous les signes d'une grosse déprime.
C'est ce que m'a confirmé mon généraliste le lundi matin. La nervosité s'était un peu dissipée grâce à des comprimés à base de plantes que le pharmacien m'avait donnés. Mais les anxiolitiques prescrits m'ont fait peur. Je serais en train de devenir folle, de faire une dépression ? Ce n'est pas possible, pas moi, pas moi la femme parfaite ! Rien ne s'était passé de particulier dans la journée ou les jours précédents. Toujours cette situation bloquée, bien sûr, mais rien de grave, rien de pire, rien de vif.
Je veux être persuadée que cela ne vient pas de moi, mais de quelque chose que j'aurais mangé ou pris, un médicament ?...... Le lundi, je suis allée travailler, malgré la proposition du médecin de me donner un arrêt de travail. J'avais envie de voir du monde, et je ris bien au travail. Enfin, peut-être un peu moins depuis quelques temps.
J'étais sensée prendre les anxiolitiques le soir, car la première fois, ça peut rendre vaseux. Mais le soir, ça allait encore mieux, j'ai voulu attendre encore un jour, pour voir.... Depuis, ça va mieux, même si j'ai encore des idées noires, cette nervosité intérieure est terminée, je recommence à faire des choses normales, à avoir des journées normales.
Mais je dois bien reconnaître qu'hier, j'ai eu peur que cela recommence :( Je reste là, avec ces anxiolitiques dans mon sac, au cas où.... La limite avec la folie serait-elle si proche ?
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